Les chiffres de la croissance économique en France et en Europe ne sont pas brillants, et c’est bien le moins que l’on puisse dire.
+ 0 % pour les deux derniers trimestres en France, c’est à se demander pourquoi l’on se sent obliger de préciser « + », c’est la panne, le calage. Le reste de l’Europe n’a pas à nous
envier avec des niveaux équivalents, même les Allemands, notre nouveau modèle selon le Président, seront sous la barre des 1% en 2012, comme quoi tout à des limites. Les Etats
Unis ne se démarque que parce que leur économie est très flexible, elle baisse fortement, et remonte donc plus vite, mais avec un chômage et un taux de pauvreté record. Ces chiffres bien
alarmistes reflètent une réalité tout aussi morose, nous détaillerons un scénario catastrophe mais bel et bien réaliste.
Dans la suite de l’épisode 1, comme nous le savons nos Etats européens sont fortement endettés, et certains pays sont au bord de la faillite. La Grèce en premier lieu est le maillon faible, ou du moins le plus faible des maillons de la zone Euro, c’est la raison pour laquelle c’est le pays qui a été attaqué par les marchés en premier. Ce pays ou la fraude fiscale est un sport national a donc maintenu tout au long de ces dernières années une croissance artificielle, financée par de la dette publique. On nous avait dit « si la Grèce tombe, par enchaînement ce sera les autres pays en difficulté, puis l’Italie et la France », c’était sans compter sur les marchés qui n’attendent pas la chute d’un pays pour en attaquer un autre. C’est actuellement ce qui est en cours en Italie, et la fin de la caricature qu’était leur Président du Conseil ne changera rien. Les solutions sont européennes, mais petit à petit, les digues sautent, et nous sommes bien incapables d’arrêter la vague, bloqués par des considérations politiciennes, de cours terme nationale. Le premier scénario catastrophe est donc celui d’une Europe incapable de donner une véritable réponse à la crise. La conséquence, les pays dit du « club med » tombent un à un, puis la France est dégradée et tombe à son tour. La zone Euro explose, les monnaies sont dévaluées, la dette elle double du fait des dévaluations, les Français qui sont parmi les plus grands épargnants mondiaux perdent leurs économies. La machine économique est au fond du gouffre car les revenus baissent, donc la consommation s’effondre. Les exportations font de même car nos principaux partenaires commerciaux, qui sont des européens, ont aussi leurs revenus qui ont chuté et ne peuvent plus consommer. Ce crash de l’économie européenne la plus importante au monde entraîne le reste des nations dans sa chute, les faillites des Etats entraîne la faillite des banques mondiales. La fin de la consommation européenne impacte fortement les pays en développement comme la Chine, le Brésil, l’Inde… qui n’ont plus de débouchés pour leurs produits. Les Etats Unis sombrent à leur tour, victime du contexte mondial et du surendettement de l’Etat et des particuliers. A ce moment-là, on pourra faire des comparaisons avec la crise des années 30.
Le second scénario peut être l’interprétation des conséquences de ce que l’on peut constater des politiques économiques en Europe. Alors que la France a adopté un premier plan de rigueur suite à une première révision de la croissance, un second vient de s’y ajouter il y a peu. Le gouvernement nous explique que grâce à ces dispositions, nous maîtrisons le déficit. Or, à peine ces mesures annoncées, la Commission Européenne demande à la France de revoir les prévisions de croissance à la baisse, et par conséquent de modifier le budget pour le rendre encore plus austère. Parallèlement, et pour une fois de manière relativement coordonnée, l’ensemble des pays européens s’adonne à la rigueur. Toutefois, l’argent prélevé en plus sous forme d’impôts, ou dépensé en moins sous forme de coupes budgétaires dans les administrations publiques, n’est plus injecté dans l’économie nationale ou européenne. Les effets sont un ralentissement de la croissance, donc des revenus, de la consommation, ce qui accentue l’impacte négatif sur la croissance. C’est alors un véritable cercle vicieux qui se met en place dans chaque pays, mais qui au-delà de ses propres frontière affecte l’Europe en général, car nos économies sont significativement interdépendantes. La mise en place de politiques économiques de rigueur de manière simultanée dans l’ensemble du continent conduit de fait à un cercle vicieux au niveau européen. L’absence de croissance économique dans la zone euro entretient la crise de la dette, car une moindre croissance c’est de moindres rentrées fiscales, donc de plus amples déficits et une dette qui devient incontrôlable. A cette étape ce scénario rejoint le précédent au niveau de la faillite des Etats.
Il faut bien comprendre que la position actuelle n’est pas tenable, et ne peut que déboucher sur une réaction en chaîne comparable à celle que nous venons d’évoquer. Comme si tout ce que nous avons subit ne suffisait pas pour comprendre que la fiscalité et la souveraineté des Etats sont liés, que dans le contexte actuel il faut donc renforcer les recettes publiques. La Chancelière Allemande contre toute logique, décide de baisser les impôts en Allemagne, et ainsi d’affaiblir son pays et l’Europe dans une crise plus que jamais présente, elle démontre bien cette idée de la pensée politicienne, nationale et inconsidérée, pour servir son propre intérêt lors des prochaines élections générales en Allemagne. Si la réponse à la crise ne peut être qu’européenne, ce n’est pas n’importe quelle réponse européenne qui pourra mettre fin à la crise.
VIVAT Yann




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